« On vendait des fleurs sur une palanche
J’ai acquis un rameau de printemps qui allait éclore.
Trempé de larmes délicatement parsemées
Il portait encore les traces de la rosée de l’aube aux nuages rougis. »
Li Qingzhao (poétesse, période de la dynastie Song, début XIIe siècle)
En Chine, musique et poésie sont intimement liées. Yang Lining, sommité de la mythique cithare Guqin (Diapason d’Or 1999), associée au philosophe Confucius, et Li Yan, virtuose de la vièle erhu, revisitent un répertoire de classiques de la musique chinoise, agrémentées d’épices électro et de compositions fidèles à l’esprit des musiques ambient (Brian Eno, Sylvain Chauveau…) chères au bassiste Laurent Pernice. Une création au cœur d’une séculaire équation poétique, entre musique, jeu de go, calligraphie et peinture.
Il s’agit aussi de broder de larges pans de poésie chinoise sur des étoffes raffinées de douceur et de nostalgie. Et même si la violence des torrents de montagne peut se retrouver au cœur de certains morceaux, elle l’est sans agressivité ni animosité, comme un geste naturel, presque familier, comme si ces torrents coulaient de source.