Trio polyphonique du Quercy, aux influences tribales et méditerranéennes, la Soubirane chante avec fougue et profondeur, au son des tambours. Un son archaïque, mélodieux, et aérien, une justesse et une authenticité qui nous fait vibrer au plus profond. Dès sa création, ce trio s’est fondé sur un plein accord portant sur l’intention artistique et le partage de valeurs cardinales : la féminité et la reconnaissance de la juste place de la femme dans l’Histoire. L’intuition, l’audace artistique et leur force de travail leur ont révélé une grande complémentarité. La perception de former 3 piliers d’un édifice artistique en équilibre les a conduites à se sentir « souveraines » – « soubiranes » en occitan. La Soubirane s’incarne dans l’unité de la triple richesse de leurs cultures, de leurs personnalités et leur expérience.
Les Chants Mariaux de l’Arc Méditerranéen marquent une étape décisive pour les chanteuses de La Soubirane. À travers ce répertoire le trio choisit de célébrer les louanges et la solennité du culte marial et s’ouvre aux expressions pleines de ferveur de la foi populaire rattachées aux traditions des territoires.
Le répertoire
Depuis les premiers siècles du christianisme, la Vierge Marie occupe une place centrale dans l’imaginaire chrétien, au croisement de la foi et de l’expression populaire. Le culte marial s’est notamment enraciné dans les peuples du pourtour méditerranéen, épousant leurs langues, leurs traditions et leurs sensibilités. De la prière murmurée dans une crypte paléochrétienne à la berceuse chantée au coin du feu, la Vierge Marie a inspiré un répertoire où se croisent ferveur populaire, mystique intime et souffle poétique. Ce patrimoine musical, transmis de génération en génération, compose aujourd’hui une mosaïque sonore d’une richesse inestimable. Dès l’Antiquité, des hymnes dédiés à Marie circulent dans les communautés chrétiennes d’Orient et d’Occident.
L’un des plus anciens, le Sub tuum praesidium, date du IIIe siècle. Au Moyen Âge, ce culte prendra une ampleur sans précédent et dans les campagnes occitanes, la foi populaire donnera naissance à de nombreux chants : le Salve Regina des bergers du Rouergue en étant un bel exemple. Du côté des terres catalanes, c’est avec les gosos que se célèbre Marie, comme le Salve de l’Auia, cantique du XIIe. Dans les régions plus méridionales, Marie se chante aussi sur des rythmes dansants. C’est le cas de la Madonna della Grazia, tarentelle napolitaine traditionnelle. En Provence, en Quercy, dans le comté de Nice, la piété mariale s’enracine dans le cycle de la vie, dont celui de la Nativité.
À travers l’Arc Méditerranéen, la figure de Marie s’est ainsi tissée d’accents multiples : elle est à la fois Reine du ciel byzantine, Madone des pêcheurs napolitains, Vierge noire des montagnes pyrénéennes, douce Mère des campagnes occitanes.