Le trio Kóskina travaille une matière venue des sillons de l’Anatolie. Airs longs de Turquie, danses d’Anatolie, lamentations kurdes, chants ottomans, sirventés occitans dans la tradition des troubadours. Dans cette création, Julie Lobato explore un répertoire glané dans ses voyages. Depuis longtemps, le tamis est pour elle source d’inspiration. Cet instrument secoué par les mains des paysannes ou les orpailleurs, semant dans l’air un son de caresse évoquant le roulement des vagues, le vent dans les feuilles, et accompagnant des voix de travailleurs. Un objet qui lui est apparu sous la forme d’une percussion, le bendir, ou alloun (le tamis en tamazight). Puisque, autrefois, le maillage du crible vieillissant, on le remplaçait par la peau d’un chevreau. Ces cribles dans lesquels les Koskinomantis lisaient l’avenir, nous rappelant qu’il est important pour le Devin comme pour l’Artiste de savoir regarder entre les choses, à travers ces fins sillages.
